Portrait

Le passé comme un roman…

Donner

Un portrait sur un site, c’est comme vouloir faire rentrer un pied dans une chaussure trop petite ; réduire un infini indomptable en un portrait aux contours précis, alors que seuls quelques grands peintres peuvent y parvenir !

Comme vous êtes nombreux à me le demander, je me résous à vous livrer une vision de l’homme que je suis. Une image fractale déformée par le trou de serrure par lequel on observe est incomplète.

Illustration de la beauté de la complexité infinie issue de la simplicité (fractale : objet mathématique)

Une arrivée prémonitoire

En apparaissant 3 semaines trop tôt, j’ai pris mes parents au dépourvu. Ma mère perdit les eaux à Nantes et comme ils avaient décidé que je naîtrais dans le pays de leurs origines, les Deux-Sèvres, nous voilà partis tous les 3 en Citroën Ami 8 neuve tambours battants pour plus de 3 heures sur des routes défoncées.

Mais voilà, à une époque que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître il fallait rôder le moteur ! Mécontent du traitement infligé, il menaça de rendre l’âme et contraignit mon père à stopper sur le bord de la route. C’est à ce moment précis où tout pouvait encore basculer, qu’une entrée dans la vie conforme à mon destin était possible : une arrivée au monde extérieur au milieu de rien c’est à dire de tout, de tous les possibles. Mais je n’ai pas su faire le nécessaire pour obliger ma mère à me libérer.

Au final après 3 heures et demi de route, la clinique de Melle nous ouvrit ses portes.

Ainsi, je naquis à 6h-6 chambre numéro 6. Je ne savais pas encore à quoi m’exposait la juxtaposition de ces 3 chiffres 666…

Heureusement, j’étais protégé par mon nom de famille en relation avec une certaine fête religieuse et au cas où ça ne suffirait pas, mes parents choisirent un prénom relatif aux fêtes de pâques.

Né marqué de bien et de mal, je suis devenu par le voyage dans la vie, agnostique, ne croyant en rien mais en espérant tout. Une sorte de remake du pari de Pascal.

Les choses étaient désormais fixées, comme une destinée consignée dans un registre inaccessible.

Me voilà citoyen du monde.

Une enfance de rêve

Immergé dans une famille de 5 louveteaux, 3 filles et 2 garçons, moi en son milieu et 2ème garçon, j’apprends la vie en groupe.

Mes parents enseignants baignés dans l’immatériel Savoir avec la Vocation chevillée au corps de sa transmission nous imposent l’excellence. Aidés par nos grands parents paysans ancrés dans le réel de la ferme avec lequel on ne peut tricher, la valeur travail finit par couler naturellement dans nos veines.

Une enfance de rêve nourrit de la diversité des contraires de la vie : la douceur et la dureté, le réel et l’immatériel, le travail qui n’en est pas quand on ne fait que ce qu’il faut faire parce que c’est comme ça et qu’on ne peut donc pas se plaindre ; alors on avance.

Garder et traire les chèvres et les vaches, harnacher les chevaux de trait qu’on attèle à la remorque pour ramasser le foin, les betteraves ou les patates à la main, nous a permis de voir disparaître un monde paysan, ancré dans la nature mais très dur, avec un bonheur jamais loin.

Environnement propice où nous volions d‘arbres en arbres sans toucher le sol, attaquant les cabanes des autres, montions des chevaux avec passion, envahissions les rivières à coups de radeaux dégingandés, construisions des barrages fragiles qu’un rien éventre et faisions de maigres pêches avec la patience comme appât.

Parallèlement chez nos autres grands parents véritables entrepreneurs, nous observons la naissance de l’agriculture du futur, exploitant la nature.

Nous conduisons d’immenses tracteurs parfois sur 2 roues quand on faisait les cons pour remplir avec ces citernes en zinc les abreuvoirs perdus dans les champs et étions fiers d’être juché sur ces moissonneuses gigantesques qui avalaient les blés pour recracher du grain propre et laisser des champs nets sans efforts.

A la ville, le hand-ball comme calmant d’une trop grande énergie et comme une autre école de la vie, celle d’une équipe qui mélange l’individualité au groupe. Un grand frère comme un complément complice, où nous nous construisons à coup de batailles de soldats, de compétitions de constructions fantasmagoriques en Lego, d’affrontement au Monopoly, de luttes corps à corps, d’arcs et de flèches, de collections d’insectes aux fossiles, d’entretiens du jardin et de potager, d’histoires de motos dont on aimait faire jaillir des étincelles avec les cales pieds dans les ronds-points sous le regard des uns médusés, des autres admiratifs ou aux regards désapprobateurs. Ce frère, cette partie de moi.

L’école : de la révolte à l’excellence

Au primaire, je laissais mon côté féminin s’exprimer à l’époque où la question du genre ne se posait pas, en jouant à l’élastique avec les filles, tricotait seul dans la cour de récréation du primaire tout en régnant en maître avec une bande que j’avais constituée à mon service dont la mission unique était d’interdire toute bagarre sur mon territoire… La force pour la paix.

Au collège, quand je ne jouais pas au foot, je me battais sans cesse, plus petit mais teigneux, l’énergie et la force de l’intention comme puissance. J’inventais des pétards surpuissants pour provoquer, des micro-fléchettes qui se fichaient dans les fesses de mes rivaux ou des filles que je ne savais aborder du fait de ma timidité maladive, je collais à la vache qui rit des photos d’Hitler sur la porte du bureau du proviseur alsacien à l’accent marqué. Sans comprendre ce que je faisais.

L’administration ne savait pas gérer ce qu’on appellera bien plus tard des enfants précoces en essayant de me canaliser par des punitions, mais rien n’y faisait. Ni même de m’attacher sur ma chaise, car j’avais la double peine d’être aussi hyperactif. Les professeurs qui me prenaient par les sentiments obtenaient des résultats et les autres, par incompétence pédagogique ou rigidité me condamnaient pour délit de sale gueule en me renvoyant au fond de la classe car je passais après ma sœur et mon frère.

En un mot, j’étais malheureux dans un système qui m’enfermait dans ses règles.

Fort logiquement, en fin de 3ème je devais aller en BEP puisque je foutais le bordel au lieu de travailler, obligeant ma mère à intervenir pour changer mon sort, car elle était bien la seule à croire dans son fils espiègle, mais câlin.

Au lycée, je suis parachuté dans un autre univers privé de ma bande de sacripants, celui glauque du lycée technique. Emerveillé par l’usinage qui transforme sous mes yeux la matière, un monde nouveau s’ouvre : la construction remplace la destruction. Mon immense énergie se focalise alors sur autre chose : je me mets à travailler, et je me mets à aimer apprendre. Porté par cet engouement et la compétence d’enseignants investis me voilà catapulté dans le supérieur.

L’esprit d’excellence enseigné par mon père et la gnaque de la compétition porté par mon besoin de reconnaissance, j’intègre les Arts et Métiers après 2 années en classes préparatoire Math Sup et Spé, et deviens ingénieur de cette ancestrale Grande Ecole.

Me voilà Gadzarts, imprégné au plus profond de moi de cette magnifique culture Fraternelle portée par ses Traditions.

10 ans plus tard, me sentant incomplet, je décide d’aller conquérir le prestigieux Executive MBA d’HEC.

Je rêvais d’étoiles, et j’avais travaillé dur pour les toucher. Et Après ?

…La vie comme une aventure

Un tempérament

On peut choisir ce que l’on fait des épreuves qu’offre la multitude de la vie : soit la complainte nous tend ses bras pour nous ensevelir, soit nous en sortons grandi.

Mes 3 filles

Né avec les pieds plats, les genoux cagneux, très maigre, les oreilles décollées, petit, timide, le teint basané et le faciès asiatique, hypersensible, j’ai choisis d’apprendre à force d’expériences qui façonnent : de déceptions amoureuses qui guident vers l’Autre, d’échecs qui transforment, de trahisons qui aident à relativiser, de cicatrices qui permettent d’apprivoiser le temps, de trous dans la tête jusqu’aux 5 fois où la mort a essayé de m’attraper qui font philosopher.

Mon choix est toujours le même depuis qu’à la sortie d’un coma, une question essentielle des derniers moments de vie est venue se poser sur mon esprit : “suis-je satisfait de ma vie ?” Cette question est devenue un des outils de ma transformation pour suivre le conseil de Saint-Exupéry “vis tes rêves au lieu de rêver ta vie“.

Et dans mes rêves, mes filles s’y sont lovées.

Des Valeurs qui cimentent

Je ne peux pas parler de mon tempérament, sans l’inscrire dans des valeurs fondamentales qui m’animent et me construisent. En sus des valeurs invisiblement disséminées en soi par notre culture collective, comme la morale avec son pendant l’engagement et donc le respect de la parole donnée, s’ajoute des valeurs individuelles fortes telles que l’éthique, la performance, donner le meilleur de soi-même pour les principales.

Je rajoute les essentielles suivantes qui m’animent :

La liberté de penser et d’être, et par corollaire le respect de l’autre, de sa différence, de ses choix ou non choix.

La co-construction d’une vérité supérieure, étant dit que cette dernière ne peut se construire que par l’agglomération de vérités individuelles par l’écoute et l’appui de la connaissance humaine démontrée.

La relativité universelle, en prolongement de la relativité générale décrite par Einstein en physique, qui s’applique à toute chose, et qui invite à remettre en doute ces croyances.

Le mouvement, qui qualifie ce qu’est l’essence même de la Vie.

Le monde n’existe que par les yeux qui l’observent.

Citoyen du monde

Certains disent que je suis mi-homme, mi-femme, mi-animal, mi-machine ; d’autres ne me voient que comme chef d’entreprise, comme un aventurier, ou encore comme philosophe, poète, scientifique, sportif. En fait, je suis comme chacun de nous, tout ça à la fois. Je ne suis qu’un homme. Simple et complexe à la fois, tout et son contraire. Bref, un être quantique… Alors, qu’est-ce que je fais du temps qui m’est donné ?

Convaincu par la pensée de Socrate, je cherche à devenir le meilleur moi-même possible. Et en tant que citoyen du monde, contribuer à faire en sorte que le bonheur des habitants animés de vie de Gaïa soit le meilleur possible.

Sur le plan Professionnel, par volonté de liberté et au moyen d’une énergie inépuisable, j’étais destiné à être entrepreneur. J’ai eu à cœur de créer un groupe authentique, humain, performant. Après plusieurs expériences, j’ai constitué le Groupe ZeKat.

Sur le plan des activités, ma curiosité insatiable, mes capacités physiques et mentales ainsi que mon besoin de me sentir citoyen du monde m’ont naturellement portés de proche en proche à devenir explorateur.

Explorer le monde, extérieur et intérieur, matériel et immatériel pour apprendre, comprendre, et partager à travers mes écrits, poèmes, livres, aphorismes ou mes conférences et ateliers que j’anime ou ce que je relève de particulièrement enrichissants.

Et maintenant ?

J’écrivais : « l’engagement extérieur, le souffle intérieur, s’élèvent ensemble » pour conclure mon film sur l’opération Grand Nord 89°59’59’’.

Alors, je fais grandir en moi la coopération du souffle intérieur qui m’anime et qui me permet de m’engager pour les autres, et réciproquement, ces engagements envers les autres nourrissent mon souffle intérieur.

Alors, je vous propose de cultiver notre jardin comme le concluait candide à la fin de son long voyage. Notre jardin intérieur ainsi que ceux avec lesquels nous sommes en relation.

Et d’aller explorer son pôle nord à soi !